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Il s'en passe des choses dans les caves !
Réalisation d'un bouclier "gaulois" en vannerie par Celiosalicos, membre de l'association Cerda - Artisanat. Ces photos ont 7 ans, puisque l'objet a été fabriqué en 2009 pour des tests en partie dévoilés dans un article de 2012. Pourtant, les images de ce tutoriel restent inédites...

Les photographies ne sont pas libres de droits. Nous contacter pour toute utilisation.

N'hésitez pas à vous rendre sur notre page associative sur Facebook.

Voici l'article reproduit. Les photographies publiées directement dans le cadre de l'article, différentes des images ci-dessous, sont disponibles en visionnant cette production sur la page Academia mentionnée ci-dessus.

Quelques réflexions, hypothèses et tests au sujet du bouclier gaulois
en vannerie.


Résumé:
César signale l’usage du bouclier en osier au cours de la Guerre des Gaules. Cette arme,
bien connue des peuples antiques, était réputée comme étant de mauvaise qualité. Pourtant,
elle continue d’être utilisée de nos jours. Deux propositions de restitution de ces boucliers
ont été réalisées. Ces objets ont ensuite été expérimentés dans des duels, des batailles
et au sol, avec des épées et des lances. Il ressort de ces essais que ces boucliers peuvent
être adaptés à certains types de combattants et résistent aux tranchants des épées.


Zusammenfassung:
Caesar weist auf den Gebrauch des Weidenschildes während des Gallischen Krieges hin. Diese
Schutzwaffe war den antiken Völkern gut bekannt, wurde jedoch als qualitativ schlecht
angesehen. Der Schildtyp wird noch heute, z. B. bei Polizeieinsätzen, verwendet. Zwei Rekonstruktionsvorschläge wurden angefertigt und in verschiedenen Kampfsituationen, Zweikämpfen, Schlachten sowie am Boden liegend, zusammen mit Schwertern und Lanzen
ausprobiert. Aus diesen Versuchen geht hervor, dass Weidenschilder jeweils an die Kämpfer
angepasst werden und Schwerthieben widerstehen können.


Les recherches actuelles montrent que le combat celtique est axé autour de l’usage d’une
panoplie composée d’une épée, d’une lance et d’un bouclier. Toutefois, dans les sépultures
de guerriers datées de l’époque de La Tène manquent souvent les traces du bouclier. Le caractère putrescible des matières organiques (bois, cuir ...) composant l’essentiel de l’arme
en est responsable et rend leur compréhension difficile. Pourtant, ces parties sont fondamentales
: sans elles, les armes ne seraient pas utilisables. Dans certains cas, divers éléments
métalliques (umbo et rivets, couvre-manipule, orles, appliques) sont identifiés. Dans
d’autres, il ne subsiste aucun vestige archéologique. La solution se trouve sans doute dans le caractère périssable de boucliers entièrement organiques.


Des armes de ce type sont connues des archéologues. Des boucliers intégralement
en bois, d’influence celtique, ont été retrouvés dans les tourbières du Jutland, à Hjortspring
(Danemark), et sont datés du IVe / IIIe s. av. J.-C. Jusqu’à la fin de La Tène ancienne, les
boucliers celtiques sont essentiellement en bois : rares sont ceux disposant de parties métalliques. Des boucliers en cuir et bois sont connus, par exemple à Clonoura, en Irlande. Ces
militaria ne font pas l’objet du propos qui suit.

Il existe en effet une autre possibilité : les boucliers en vannerie. Bien connus des autres
peuples antiques - peltè des mercenaires grecs, boucliers des Syracusains, tissus d’osier des
Germains, gerrophóroi des Roxolans, scuta d’entrainement des Romains, claies des Scythes,
etc (1) -, leur utilisation est attestée chez les Gaulois du Ier siècle av. J.-C. par le biais de César (2). Les sources à leur sujet sont ténues : quelques textes antiques, les comparaisons avec
les boucliers en bois et en métal, les comparaisons avec d’autres cultures (anciennes ou actuelles) et les expérimentations qui tiennent compte des lois biomécaniques et de problèmes
concrets.

Ces dernières semblent dès lors fondamentales. Les expérimentations permettent en effet
d’aborder des problèmes plus spécifiques. Est-ce qu’il est possible de fabriquer des boucliers
en osier dans l’urgence ? Quelles sont les ressources nécessaires, les compétences requises
et les contraintes techniques ? Est-ce que des boucliers de ce type sont utiles et protègent
effectivement le combattant ? Est-ce que l’utilisation en est aisée ? S’agit-il d’une arme utilisée
seulement par des tirailleurs ou des fantassins lourds peuvent-il également l’employer ?
Est-ce une arme réservée à certaines circonstances particulières ?

Nous allons tenter d’esquisser une réponse à ces questions par des conceptions et utilisations
expérimentales. Il s’agit d’hypothèses. Nous postulons qu’il est possible de réaliser
un bouclier efficace pour le combat gaulois, en l’espace d’une nuit, avec peu de ressources
matérielles et un minimum de compétences techniques. Ces boucliers peuvent être solides,
résistants, maniables et employés par diverses catégories de combattants.

Deux prototypes en osier ont été réalisés pour l’occasion. Ce nombre réduit s’explique par la
fréquence d’utilisation de ces armes tressées dans l’univers de l’expérimentation archéologique
(voir par exemple les travaux de Guy Barbier) et de la reconstitution protohistorique,
permettant de nombreuses discussions. Toutes sortes de formes ont déjà été effectuées
(rondaches circulaires, scuta rectangulaires, boucliers ovales ou hexagonaux, etc), parfois
même sans tenir compte de la matière employée (par exemple des boucliers avec une spina
en rotin). Pourtant, en dehors de toutes considérations éthiques (3), il apparait que le choix de
l’essence ou de la variété utilisée est prépondérant (4).
Ces deux prototypes sont ovales. Le plus grand est très légèrement convexe, une
courbure anecdotique facilitant la pose d’une poignée dans le centre de gravité du bouclier.
Le plus petit est plat, conformément à la « tradition gauloise ». Le temps de travail
consacré à la réalisation du premier, sans le couvrir d’une peau, est de onze heures. Six
heures ont été suffisantes pour concevoir le second, couverture incluse. La fabrication s’est
effectuée calmement, mais par un vannier doté à ce moment d’une expérience professionnelle
d’une année. Ce temps ne prend pas en compte la récolte et la préparation des matières premières, qu’il s’agisse de l’osier ou de la peau.


Divers outils de vanniers contemporains, mais connus des Anciens (par exemple les vanniers
gallo-romains), ont été utilisés :
- une serpette, pour épointer les brins d’osier et éplucher le travail (découper la
partie cime ou le pied des brins qui dépassent) ;
- une batte, pour redresser la perchette et tasser le travail ;
- un poinçon, pour fendre les travers et faciliter le passage des brins d’osier, soit
pour les piquer dans la vannerie, soit pour faire passer la finition des attaches en brins cordelés
;
- une bûche en bois, pour surélever le tressage et faciliter la mise en forme.

Les tressages employés dans ces vanneries sont des points de travail simples, que l’on retrouve
généralement sur diverses vanneries préhistoriques. Ils relèvent ici de choix personnels,
quoique plausibles. L’osier, ici écorcé pour ne conserver que la partie la plus résistante
des brins, est fréquemment humidifié avec de l’eau durant tout le travail pour que la matière
conserve sa souplesse.

L’ossature des deux boucliers, la croisée, est constituée de longs (verticaux) et de travers
(horizontaux), redressés grâce à l’œil de la batte. Ces longs et travers sont débités dans du
Salix viminalis (5), variété d’osier autochtone plus communément nommée « perchette ». Le
passage des longs dans les travers s’effectue grâce à l’emploi d’un poinçon d’un gros module
permettant de fendre les travers.

Une fois cette croisée effectuée, nous procédons à son ouverture. Cela consiste à séparer
les longs et les travers dans les parties supérieures et inférieures du bouclier pour lui donner
sa forme définitive. Ce partage se fait grâce à une ligature avec un point de travail en super (deux brins passent l’un au-dessus de l’autre en alternance, à chaque passage). L’osier employé
pour la ligature, comme pour le reste du bouclier, est du Salix triandra (6), un osier brun
autochtone connu sous le nom de « Noir de Villaines ».


La pose des premiers brins à chaque travers, préalablement épointés avec la serpette, est
une pose en crocane. Le travail de la clôture sur l’ensemble du bouclier est, quant à lui, en
super. Le tressage en super est doublé sur la fin de la clôture, afin de gagner en rigidité et
d’arriver plus facilement à la dimension voulue (ce travail offre plus de précision). Tout au
long du travail, l’osier est tassé à l’aide de la batte.


Des montants sont ensuite piqués le long du batonnage pour faire la bordure. Il s’agit d’un
bord ordinaire debout à quatre derrière un, c’est-à-dire que l’on rabat directement le montant
derrière le montant qui suit. C’est un passage à quatre : une fois le montant rabaissé
derrière le montant suivant, il passe devant trois montants, puis derrière un.
Quelques attaches en osier sont effectuées avec des brins piqués dans la vannerie, puis cordelés
pour casser le nerf intérieur (la moelle) du brin.


Pour la poignée, une sous-anse double en perchette est piquée à l’emplacement
voulu, puis renforcée par une garniture de type « anse alsacienne » en Noir de Villaines.
Le bouclier n°2, réalisé suivant le même procédé, a ensuite été recouvert d’une peau de
chèvre d’environ deux à trois millimètres d’épaisseur, cousue en urgence sur l’osier à l’aide
d’une pointe métallique perforante et d’une cordelette en laine.


Une fois sèches, ces armes ont été utilisées expérimentalement dans divers contextes pendant
près de 200 heures : en combat singulier (duel), en formations de groupes (batailles)
et sans combattant (bouclier au sol).


Le bouclier n°1, très maniable et léger, très aérien (peu de prise au vent), protège
l’intégralité du corps (de l’épaule au genou en position statique ; des pieds à la tête en mouvement).
Le bouclier n°2 permet une utilisation tout aussi véloce, même si les mouvements sont ralentis par la présence de la peau).

Les coups de taille des épées, voire des lances, sont parés, même s’ils peuvent être rapidement destructeurs. Toutefois, le combat est très rapide et ne requiert pas des boucliers résistant à des dizaines de coups : le guerrier recherche le corps de l’adversaire, pas son bouclier. Un bord solide en osier et un recouvrement en peau limitent considérablement les dégâts occasionnés par les tranchants.


Les coups d’estoc portés par des armes d’hast (lances) ou de jet (javelots, flèches) sont en
revanche pénétrants. La présence d’une couche de peau ne change rien à l’affaire.
Le choc, s’il ne blesse pas directement le porteur du bouclier, va l’obliger à se découvrir pour
retirer le trait, voire à abandonner le bouclier en raison du poids.


La souplesse du bouclier est une grande qualité, celui-ci pouvant être soumis à différentes
pressions : faibles si contradictoires (poussées de l’intérieur), fortes si dans le sens de torsion
des tiges d’osier (poussées adverses, par exemple).


En présence d’un manipule horizontal sur un bouclier oblong, le principal problème consiste
à tenir plusieurs javelots à la main. Si l’arme est lancée, il en faut un certain nombre. A
moins d’imaginer un grand carquois, il n’y a pas vraiment d’autre solution dans le cadre d’un
combat dynamique, sans éprouver de gêne ; à moins d’imaginer des « servants d’armes »,
ce qui paraît improbable pour les combattants les plus démunis. Dans le cas d’un manipule
vertical, comme sur le bouclier romain de Doncaster, le problème est partiellement résolu.
Le bouclier rond serait ici idéal, car la poignée peut être placée dans n’importe quel sens et
le guerrier peut s’adapter selon les situations.


Il est donc possible de réaliser un bouclier « gaulois » en osier d’une forme proche des boucliers
lourds en bois et métal en l’espace d’une nuit. Celui-ci est solide et efficace. Particulièrement
adapté aux troupes légères et rapides, il peut aussi être utilisé par des fantassins
grâce à sa résistance aux coups d’épées, malgré sa faible résistance aux armes d’hast et
l’impossibilité de l’utiliser efficacement de manière offensive (trop léger).


Les boucliers en osier sont légers par rapport aux boucliers en bois : 1200 grammes pour
le bouclier n°1 (118 x 61 centimètres), 1300 grammes pour le bouclier n°2 (78 x 65 centimètres).
Ils peuvent être réalisés rapidement. L’accès aux ressources devait être relativement
abondant. Sa conception simple en fait une arme peu onéreuse. Ses caractéristiques
uniques en font une arme de choix pour développer certaines spécificités martiales. Ainsi,
les tirailleurs lançant des javelots, ou les guerriers exerçant tout du moins un combat rapide
(en courant, en sautant...).


Cette arme particulière pourrait avoir joué un rôle actif dans le développement de certains
styles de combats, voire certaines tactiques militaires, comme le harcèlement des armées
ennemies, la guérilla, les escarmouches ou l’emploi de troupes massives durant la Guerre
des Gaules.


Au final, est-ce une arme si médiocre que cela ? Elle a été utilisée par de nombreux peuples
antiques malgré certaines descriptions concernant leur qualité. Elle continue de l’être à
l’heure actuelle par des forces de sécurité (voir par exemple les boucliers ronds en osier des
Compagnies Républicaines de Sécurité, en France).


Il serait intéressant de se demander s’il existe une forme de bouclier plus adaptée. Des recherches sont en cours par le biais de prototypes de boucliers ronds de type « targes » et
de boucliers hexagonaux de « tradition germanique ». Dans la mesure où ces boucliers sont
des consommables, peut-on imaginer une réalisation en amont de plusieurs exemplaires
pour le combattant, en prévision, ou tout du moins le stockage des ressources suffisantes
pour leur réalisation ?

Bibliographie :


Blanc N., Gury F., Techniques de vannerie d’après les reliefs gallo-romains. In: Tissage, corderie,
vannerie, IXe Rencontres Internationales d’Archéologie et d’Histoire, Antibes, Octobre
1988, Editions APDCA, Juan-les-Pins, 1989, pp. 193-207.


Cull in-Mingaud M., La vannerie dans l’Antiquité romaine, Les ateliers de vanniers et les vanneries
de Pompéi, Herculanum et Oplontis, Collection du Centre Jean Bérard, 35, CNRS,
EFR, Archéologie de l’artisanat antique, 3, Naples, 2010, 298 p.


Deyber A., Les Gaulois en guerre : stratégies, tactiques et techniques. Essai d’histoire militaire
(IIe – Ier siècles av. J.-C.), Errance, Paris, 2009, 526 p.


Gill es J.-F., Quelques hypothèses sur le maniement du bouclier celtique, Instrumentum
n°25, juin 2007, pp. 7-10.


Rapin A., Boucliers et lances, dans Gournay II, Boucliers et lances, dépôts et trophées, Le
sanctuaire de Gournay-sur-Aronde et l’armement des Celtes de La Tène moyenne, Errance,
Paris, 1988, 241 p.


Reich G., L’armement laténien en Alsace et en Lorraine : objets, pratiques et contextes de
découverte, Mémoire de Master 2 – Archéologie du Territoire sous la direction d’A.-M. ADAM,
Université de Strasbourg, Strasbourg, 2011, 2 volumes (Volume 1 - Texte : 246 p. ; Volume
2 – Annexes : 276 p.).


Article rédigé par Guillaume Reich, doctorant en archéologie et reconstituteur, avec la collaboration de Mathieu Knepper, artisan-vannier.

(1) Cull in-Mingnaud 2010, pp. 225-227. Citations de Thucydide (Guerre du Péloponnèse, 4, 9, 1), Xénophon (Anabase, 5, 2, 22), Théocrite (Idylles, 16, 79), Tacite (Annales, 2, 14), Strabon (Géographie, 7, 3, 17), Virgile (Enéide, 7, 632-633), Végèce (De re militari, 1, 11)...

(2) César, Bellum Gallicum, 2, 33 : « […] partim scutis et cortice factis aut uiminibus intextis, quae subito, ut temporis exiguitas postulabat, pellibus induxerant. »

(3) Employer des matières indigènes, attestées ou vraisemblables.

(4) Pline, Histoire naturelle, 16, 209 ; Théophraste, Histoire des plantes, 5, 3, 4.

(5) Issu du « saule des vanniers », aussi appelé vime ou osier vert.

(6) Issu du « saule à trois étamines ».

Réalisation d'un bouclier gaulois en osier... (tutoriel)
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